Le conflit au Congo porte largement sur le pillage de ses ressources naturelles. Un acteur majeur de ce conflit sont les compagnies multinationales, plusieurs étant canadiennes.
Le site State of Mine rapporte que l’industrie minière canadienne domine sur tous les continents sauf l’Antarctique. Ce sont 58% des compagnies minières du monde entier qui sont enregistrées à la Bourse de Toronto. Le Canada appuie ces compagnies non seulement en leur accordant des crédits d’impôts mais aussi, et surtout, par une législation favorable et toute un appui diplomatique à l’étranger.
- déduction fiscale pour les dépenses effectuées à l’étranger
- exemption d’impôt pour les profits rapatriés au Canada
- en 2004, l’ambassadeur du Canada aux Nations Unies avait blâmé la portion du rapport du Groupe d’experts sur l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RD Congo qui accusait 9 entreprises canadiennes de violation des Principes directeurs de l’OCDE durant la guerre qui avait ravagé le pays.
Pendant longtemps, les CanadienNEs, et le monde entier d’ailleurs, étaient convaincuEs que leur pays était une puissance moyenne, un partenaire économique de l’Afrique qui agissait de manière désintéressée. Le chercheur Denis Tougas a déconstruit ce mythe. Même que des rapports ont démontré l’appui que donnent les minières canadiennes aux groupes armés et aux massacres qui ont cours au Congo. Par exemple, un rapport de Human Rights Watch a révélé qu’une compagnie sœur de la canadienne Barrick Gold avait négocié avec deux groupes rebelles pour contrôler l’accès aux régions riches en or. En échange, la compagnie leur fournissait logistique, transport et hébergement.
Malgré tout, des Canadiens et des Canadiennes restent mobiliséEs et continuent de faire pression sur leur gouvernement pour resserrer sa législation et mettre fin à cette impunité. Une série de projets de loi à cet effet.
- C-354 visant à modifier « la Loi sur les Cours fédérales (promotion et
protection des droits de la personne à l’échelle internationale) » ;
- C-438 portant sur « les activités à l’étranger des entreprises et entités
canadiennes, constituant la Commission de surveillance des activités à
l’étranger des entreprises et entités canadiennes et modifiant certaines
lois en conséquence » ;
- C-298 portant sur « la responsabilité sociale d’entreprise inhérente aux
activités des sociétés minières canadiennes dans des pays en développement » ;
* C-483 visant à modifier « la Loi sur l’immunité des États (génocide,
crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture) ».
Compléments d’information :
Zahra Moloo a écrit l’histoire de l’exploitation minière du Congo, « The Democratic Republic of Congo’s Economic War: Investigating the Origin of Anonymous Commodities in the Global Capitalist System»
